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Wakizashi japonais monté dans un riche koshirae, caractéristique de la fin de l’époque Edo et associant la tradition de la forge japonaise au raffinement des arts décoratifs appliqués aux montures de sabres.
La lame en acier, légèrement courbe, présente un kissaki bien défini et un large bo-hi longitudinal s’étendant sur une partie importante de la lame. Ces gorges constituent un élément traditionnel des lames japonaises, permettant d’en réduire le poids tout en conservant leur rigidité structurelle. Les collections muséales conservent des wakizashi de l’époque Edo dotés de larges bo-hi, témoignant de l’emploi établi de cette configuration dans l’art du sabre japonais.
La tsuka est recouverte de peau de raie samegawa et présente un tressage traditionnel serré en tsuka-ito noir. Sous le tressage sont disposés des menuki décoratifs en forme de fleurs stylisées.
Les fuchi et kashira en fer présentent un intérêt artistique particulier. Ils sont ornés d’incrustations et de dorure partielle. Leur décor représente un coq, une poule et un poussin, formant une petite scène de genre. Les motifs zoomorphes et végétaux exécutés au moyen d’incrustations métalliques et de rehauts d’or sont caractéristiques de l’art japonais des garnitures de sabres de l’époque Edo. Des associations comparables de fer, de décor en relief et de dorure sont représentées dans les collections muséales consacrées aux armes japonaises.
La tsuba en fer est réalisée selon la technique sukashi, avec un décor ajouré et partiellement doré. Sa conception appartient à la tradition Namban, courant particulier de l’art japonais des garnitures de sabres développé sous l’influence de motifs décoratifs européens et asiatiques importés puis réinterprétés par les artisans japonais.
Le saya présente une remarquable surface en peau de raie polie à gros grain, créant une texture naturelle particulièrement expressive. Les garnitures métalliques sombres contrastent avec les tonalités crème et brunes du revêtement. Un logement destiné au kozuka est présent, mais le kozuka lui-même est manquant.
L’association d’une lame à bo-hi, d’une poignée traditionnelle recouverte de samegawa, de fuchi-kashira à décor figuratif, d’une tsuba Namban ajourée et d’un remarquable fourreau en peau de raie confère à l’ensemble le caractère décoratif cohérent des armes japonaises de la fin de l’époque Edo. Des wakizashi comparables du XIXe siècle conservés dans les collections muséales présentent une association similaire entre une lame en acier et un ensemble de montures conçu comme une véritable œuvre d’art décoratif.
Matériaux: Acier, fer, peau de raie samegawa, textile, dorure, incrustations.
Dimensions: Longueur totale 68,5 cm.
État: Bon état, avec des traces naturelles d’ancienneté et d’utilisation. Kozuka manquant.
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